Mobilisation mercredi 03 décembre 17h30 devant la s/préf st Gaudens

100e rassemblement de solidarité avec la Palestine à St-Go
Soyons nombreuses et nombreux, avec bougies ou autres sources de lumière…
Triste « anniversaire »… 100 rassemblements à Saint-Gaudens, depuis novembre 2023…
Et le génocide continue, malgré ce que Trump appelle un « plan de paix » …Un génocide « à faible intensité »,
comme le décrit Mohammed Yousef (Palestinien en exil) dans le texte ci-dessous :
« Le génocide à faible intensité : l’art délicat de tuer un peuple sans déranger l’Occident
Bienvenue dans la dernière innovation politico-militaire : le génocide à faible intensité, l’équivalent moral d’une ampoule LED. Ça consomme moins, ça chauffe moins, et surtout, ça n’éblouit plus les consciences occidentales. Le rêve de tout État désireux de parfaire son œuvre destructrice tout en préservant sa réputation de démocratie modèle.
Après plus de deux années d’horreurs ininterrompues – bombardements frénétiques, famine administrée, déplacements forcés à la pelle – il fallait offrir au monde une petite opération cosmétique. Pas aux Palestiniens, évidemment : eux peuvent continuer à mourir en silence. Mais aux capitales occidentales, saturées d’images trop… disons… graphiques. Elles commençaient à être gênées devant leur brunch du dimanche.
Alors, tadaa : le cessez-le-feu de Trump, un chef-d’œuvre de prestidigitation diplomatique. Rien n’a changé, mais il suffit de le dire avec assurance, un sourire ultrabright et quelques caméras, et hop : on appelle ça « la paix ». On imagine bien la brochure :
« Pour un génocide plus propre, optez pour le modèle Trump : même intensité stratégique, nuisance sonore réduite ! »
Et puisque le monde s’était enfin ému – tardivement, certes, mais tout de même – des massacres et de la famine à Gaza, Israël a parfaitement compris le message : vous pouvez continuer, mais faites-le avec un peu plus de discrétion, s’il vous plaît.
Moins de panache dans les explosions, plus d’élégance dans la famine, un effort esthétique dans la destruction des habitations.
Résultat ?
490 violations du cessez-le-feu en 44 jours.
Des centaines de morts.
Des familles entières évaporées.
Un camp de réfugiés de Nuseirat rayé du registre civil comme on efface un mauvais numéro dans son téléphone.
Mais attention : tout cela « à faible intensité ». Donc rien d’alarmant, circulez.
Trump, lui, continue de distribuer ses phrases lunaires comme des bonbons : « beaucoup de progrès », dit-il. Sans doute parlait-il des progrès remarquables dans la technique de l’épuisement lent d’un peuple. Ou peut-être de l’efficacité nouvelle dans l’art de rationner l’aide humanitaire. Car à Gaza, même sous « trêve », seule la moitié – pardon, la moitié de la moitié – de l’aide promise passe réellement. Et les denrées nutritives ? Interdites. Mais qu’on se rassure : les chips industrielles, elles, entrent sans problème. La famine, oui, mais version junk-food.
Pendant ce temps, les Gazaouis continuent à chercher une goutte d’eau comme on chercherait un trésor enfoui, réparent leurs tentes élimées comme on raccommode un linceul, et enterrent leurs morts dans un calme glaçant – ce calme que le monde aime tant interpréter comme un signe de « stabilisation ».
La communauté internationale, elle, peut enfin retourner à son occupation favorite : dormir debout.
Il paraît que quand les bombes tuent un peu moins vite, on peut reprendre ses conversations sur la transition écologique sans s’encombrer de dissonance morale.
Puis vint le chef-d’œuvre final : la résolution 2803 du Conseil de sécurité, cette symphonie de lâcheté internationale qui valide élégamment le plan de Trump. Un bijou juridique pensé pour habiller l’abandon de tout un peuple avec la dignité intimidante d’un timbre de l’ONU. On n’avait pas vu une telle performance d’hypocrisie collective depuis les pires heures des mandats coloniaux.
Grâce à cette résolution, les Palestiniens sont désormais officiellement invités à se laisser administrer leur effacement – avec courtoisie, s’il vous plaît, car la diplomatie observe.
Et pendant que le monde s’enfonce dans son sommeil lourd, que les chancelleries se félicitent d’avoir « agi » et que les opinions publiques reprennent leur scrolling tranquille, la Palestine reste là, crucifiée à petit feu, lentement saignée, maintenue en vie juste assez pour ne pas déclencher de tollé mais trop peu pour exister pleinement.
Le génocide continue. Mais de façon plus élégante, plus silencieuse, plus supportable.
Un génocide « user-friendly ».
Le rêve de toute société qui souhaite s’indigner… mais pas trop. »

