Mobilisation mercredi 11 février 17h30 devant la s/préf st Gaudens

La semaine passée, Israël récupérait le corps du dernier otage israélien détenu à Gaza, une condition posée depuis des mois à l’application des termes du plan Trump. Cette restitution n’a pas fait cesser les violations presque quotidiennes du cessez-le-feu par l’armée israélienne, un cessez-le-feu que l’UNRWA a qualifié “de pure forme”.

“Un cessez-le-feu signifie que les

armes se taisent et laissent place aux efforts visant à mettre fin à la guerre”, a déclaré Philippe Lazzarini sur X. “Les habitant-es de Gaza méritent un véritable cessez-le-feu, un cessez-le-feu qui n’a que trop tardé.”

Une semaine meurtrière

Jeudi 29 janvier, une frappe israélienne a frappé un groupe de personnesprès du rond-point Makki dans le camp de réfugiés d’al-Maghazi, assassinant deux Palestinien-nes et en blessant des dizaines d’autres, dont certain-es ont dû être transporté-es à l’hôptial dans un état critique.

Le lendemain, trois Palestinien-nes ont été tué-es à Rafah par les forces aériennes israéliennes. À Rafah également, des canonnières israéliennes ont poursuivi des bateaux de pêche et ont ouvert le feu avec des mitrailleuses lourdes sur des pêcheurs au large de la côte. Les soldat-es israélien-nes ont également bombardé une tente abritant des personnes déplacées dans la région d’al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, blessant 6 personnes dont une femme enceinte.

L’armée israélienne a procédé à une série de frappes particulièrement meurtrières samedi 31 janvier, à la veille de la réouverture promise du point de passage de Rafah. Au moins 31 personnes ont été assassinées dans ces attaques, dont 6 enfants.

La première frappe a touché une tente abritant des réfugié-es à Al Mawasi. D’autres ont visé un appartement du quartier de Remal et un autre dans le quartier de Daraj dans ville de Gaza, ainsi que les quartiers d’Al Nasr et Sheikh Radwan. Toutes ces attaques se sont déroulées à l’intérieur de la “ligne jaune”, soit en dehors de la zone sous contrôle israélien. Les avions israéliens ont également mené de nouvelles frappes sur le camp de Bureij, dans le centre de Gaza, et l’armée a émis des ordres d’expulsion pour un immeuble situé à Khan Younis.

Dimanche 1er février, deux hommes ont été assassiné-es par l’armée israélienne. Le premier l’a été dans une frappe de drone au nord de Wadi Gaza, qui a fait également plusieurs blessé-es. L’agence Wafa rapporte un second meurtre dans le nord de Rafah.

4 Palestinien-nes ont été assassiné-es le 2 février. L’Agence Wafa a identifié l’une de ces victimes comme étant Iyad Ahmed Naeem al-Rabai’a, un enfant de 3 ans, sa tente dans le camp d’Al Mawasi touchée par des tirs de navires israéliens. Les drones israéliens ont bombardé une zone où des personnes s’étaient rassemblées pour des funérailles à Nuseirat, dans le centre de Gaza, tuant deux personnes et en blessant plusieurs autres, et un autre Palestinien a été tué dans le camp de Halawa, dans la ville de Jabalia au nord de Gaza.

Ce matin, mardi 3 février, l’hôpital Nasser de Khan Younis rapporte qu’un jeune homme de 19 ans, Ahmed Abdel-Al, a été abattu par l’armée israélienne, précisant qu’il se trouvait dans une zone éloignée de la ligne jaune au moment de son meurtre. Au total depuis l’entrée en vigueur du “cessez-le-feu”, 529 Palestinien-nes ont été assassiné-es par Israël, et 1 447 autres ont été blessé-es.

La réouverture de Rafah sous contrôle israélien

Tout au long de cette semaine, les déclarations se sont succédé pour définir les conditions de la réouverture promise du poste-frontière de Rafah, seul point de passage avec l’Égypte pour l’enclave palestinienne, mais le soulagement se fait encore attendre.

Hier, lundi 2 février, alors que la réouverture tant attendue était censée alléger plus de 18 mois d’un siège militaire punitif sur Gaza, des retards considérables imposés par les autorités israéliennes ont permis à seulement cinq patient-es nécessitant une évacuation médicale de quitter de quitter Gaza, et seulement 12 Palestinien-nes ont été autorisés à y retourner, très loin des la promesse des 50 entrées et 150 évacuation par jour promises.

Parmi les nombreuses restrictions imposées au passage frontalier par les autorités israéliennes, seules les personnes ayant quitté Gaza pendant la guerre sont autorisées à rentrer par Rafah après avoir subi un processus de contrôle de sécurité rigoureux.

“Pour les personnes qui traversent Rafah, les voyages ont été humiliants”, explique Nour Odeh sur Al Jazeera. “Il y avait des fouilles à nu et des interrogatoires, mais aujourd’hui, les mesures sont encore plus extrêmes. Nous entendons parler de personnes qui ont eu les yeux bandés, les mains liées et ont subi des interrogatoires.”

“La formulation peut sembler neutre”, ajoute-t-elle, “mais lorsqu’on parle de contrôles de sécurité concernant une personne nécessitant des soins médicaux urgents, cela revient en réalité à refuser à cette personne l’accès aux soins. Et c’est là le cœur du problème : le contrôle absolu qu’Israël exerce sur la vie de chacun-e.”

Plus de 20 000 patient-es urgent-es attendent de pouvoir être évacué-es, alors que les hôpitaux de Gaza, systématiquement ciblés par l’armée israélienne pendant ces deux dernières années e génocide, restent dangereusement affaiblis.