Mobilisation mercredi 29 avril 17h30 devant la s/préf st Gaudens

Mardi 14 avril dernier, quelques heures après la publication de notre dernier rapport hebdomadaire, Israël a mené une frappe visant un véhicule de police dans la rue Nafaq à Gaza, assassinant au moins quatre personnes, dont un enfant de trois ans. Dans la nuit qui

a suivi ces meurtres, le camp d’Al Shati a à son tour été visé par une frappe israélienne, assassinant cinq Palestinien·nes.

Malgré le “cessez-le-feu” officiellement conclu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et qui a ralenti deux années de guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza, les forces israéliennes continuent de mener des frappes quotidiennes sur le territoire, tuant plus de 765 Palestinien·nes depuis la conclusion de la trêve. Cette semaine encore, ces meurtres ont été presque quotidiens.

Jour après jour

Mercredi 15 avril, au moins huit Palestinien·nes ont été blessé·es par des tirs et des bombardements israéliens dans l’est de la ville de Gaza et dans le camp de réfugié·es de Halawa, à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza.

Jeudi 16 avril, deux frères ont été tués dans une frappe de drone israélien ciblant les environs de l’école Abu Tammam à Beit Lahia, dans le nord de Gaza. Un autre Palestinien a succombé à des blessures subies lors d’une frappe israélienne antérieure. Dans la soirée, les forces israéliennes ont tiré sur un enfant de neuf ans dans le quartier de Zaytoun à Gaza. Il s’appelait Saleh Badawi, et il est mort sur le coup, avant d’être transporté à l’hôpital Al Shifa.

Vendredi 17 avril, un correspondant de l’agence WAFA rapporte que les forces israéliennes ont ouvert le feu à la mitrailleuse sur des tentes abritant des personnes déplacées dans la région de Tal al-Dhahab, à Beit Lahia, causant la mort d’un civil et en blessant plusieurs autres.

Le même jour, les soldat·es israélien·nes ont mené une frappe contre une usine de désalinisation dans le quartier de Shujaeyya, tuant au moins deux Palestiniens. Une autre frappe, ciblant le même quartier, a assassiné deux autres Palestiniens, qui conduisaient un véhicule transportant de l’eau pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Dimanche 19 avril, un jeune homme a été assassiné par les balles de l’armée israélienne, qui l’a pris pour cible dans le camp de réfugié·es de Halawwa, à Jabalia. L’agence Wafa rapporte, plus tard dans la soirée, le meurtre d’un enfant palestinien, tué par des tirs des forces d’occupation israéliennes à l’est du camp de réfugié·es d’Al-Maghazi, et celui d’un autre Palestinien, tué par un drone israélien dans la rue Salah al-Din, au nord-est du camp de réfugié·es d’Al-Nuseirat.

Lundi 20 avril, un homme a été tué lors d’une frappe aérienne israélienne dans le camp de Bureij, situé au centre de l’enclave, tandis qu’une autre frappe a fait un mort et plusieurs blessé·es dans la ville de Gaza.

Ce matin, mardi 21 avril, un enfant est mort des suites de blessures infligées par des tirs israéliens, subis quelques jours plus tôt dans le camp de Jabalia. Il s’appelait Abdullah Dawas.

Aujourd’hui encore, une frappe aérienne suivie de tirs nourris a tué trois Palestiniens dans le quartier d’al-Amal, à l’ouest de Khan Younis. Ils ont été identifiés comme étant Darwish al-Attal, Saad Abu Hilal et Majed Abu Musa. L’un d’eux venait tout juste de se marier.

Enfin, l’agence Wafa rapporte ce matin qu’une Palestinienne a été tuée par des tirs de la marine israélienne dans la zone d’al-Salatin, à l’ouest de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza.

L’UNICEF “révoltée”, Albanese menacée… L’Europe discute

« J’en ai vu assez pour l’affirmer avec une certitude absolue : l’armée israélienne est l’armée la plus dépravée », a déclaré la rapporteuse spéciale des Nations Unies (ONU) Francesca Albanese dans un message publié sur son compte X officiel, partageant une vidéo montrant des soldats israéliens agressant un enfant palestinien.

Voix influente de la cause palestinienne, Francesca Albanese a par ailleurs déclaré, dans une interview accordée au Guardian, avoir reçu des menaces de mort et vivre dans un sentiment constant de danger depuis la publication de son rapport accusant Israël de commettre un génocide à Gaza.

Si les crimes d’Israël sont perpétrés au vu et su de tous, les critiques semblent encore impuissantes à les faire cesser. Réagissant au meurtre de deux de ses employés, tués cette semaine alors qu’ils transportaient de l’eau potable à Gaza, l’UNICEF s’est dite “révoltée” et a déclaré avoir suspendu ses activités sur le site, appellant les autorités israéliennes à mener une enquête et à « garantir que les responsables rendent pleinement compte de leurs actes ».

« Les travailleurs humanitaires, les prestataires de services essentiels et les infrastructures civiles, y compris les installations hydrauliques vitales, ne doivent en aucun cas être pris pour cible », a déclaré l’agence de l’ONU, ajoutant que « la protection des civils et des personnes apportant une aide vitale est une obligation en vertu du droit international humanitaire ».

On peut malheureusement douter que ces appels soient suivis de conséquences directes, si les pays membres de l’ONU continuent de ne prendre aucune mesure coercitive envers Israël.

Le Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne se réunit aujourd’hui pour discuter de son accord d’association avec Israël, toujours en cours après 18 mois de génocide. L’Espagne, l’Irlande et la Slovénie ont réclamé dimanche la suspension ou la rupture de cet accord, alors qu’une pétition d’initiative citoyenne a récolté plus d’un million de signatures.

Hier, un communiqué signé par de nombreux experts de l’ONU affirme que « l’Europe est confrontée à un véritable test moral », regrettant que « depuis deux ans et demi maintenant, l’UE assiste à une escalade des atrocités commises contre les Palestiniens sans prendre aucune mesure efficace pour faire respecter le droit international. »